Du haut de son grand gabarit, Gama Boonta kick, découpe et rime comme personne. Polyvalent et mêlant plusieurs styles à la perfection depuis 2016, il n’est pas ici pour faire de la figuration et compte bien montrer tout son talent. Découvrez son univers dans notre dernière interview.


Après plus d’un an sans article, on revient enfin avec notre format favori !

Et on est très content de pouvoir sortir une interview avec Gama, un artiste qu’on suit depuis bientôt 5 ans et qu’on apprécie autant musicalement que humainement.

On va commencer par la question classique qui sert de bonne introduction : tu peux te présenter et nous en dire un peu plus sur toi ?

Yo alors moi c’est Gama Boonta, rappeur, réalisateur un peu D.A également je fais du rap depuis une petite dizaine d’années et plus sérieusement depuis 2018

Comment t’as démarré dans le rap ? C’est venu naturellement depuis petit ou il y a eu un déclic/de fortes inspirations qui t’ont poussé ?

J’ai toujours eu une forte appétence pour l’écriture genre à l’école je kiffais tout ce qui était écriture d’invention, paragraphe argumenté, poésie etc. C’est quand je prends mes premières gifles lyricales avec des groupes comme 3ème Prototype et Cas de Conscience que je rentre dedans.

Je commence le rap au sein d’un groupe au lycée ensuite j’intègre un collectif un peu plus structuré dans la foulée mais j’ai pas vraiment baigné là dedans je viens d’une famille ou c’est plus le gospel et la soul qui règnent et je suis l’aîné donc j’ai pas vraiment eu de grand frère/cousin pour me guider dans les premières écoutes.

Est-ce que ces styles t’ont influencé ou t’influence toujours aujourd’hui ?

Je pense qu’ils m’influencent beaucoup dans mes thématiques (amour du prochain, auto-détermination, spiritualité) mais quand j’ai découvert le rap j’étais plutôt dans un rejet. Je pouvais pas écouter ce que mes darons écoutaient par rébellion et volonté d’émancipation.

C’est plus inconsciemment que ça s’est fait. Par exemple quand j’ai commencé à rajouter des mélodies dans mes morceaux et apprivoisé l’autotune ça a été assez facile et je me suis rendu compte que c’est probablement parce que je chante tous les dimanches à l’église et que j’ai été bercé par des CeCe Winans, Kirk Franklin, Israel & New Breed..

D’ailleurs ton projet Karité, c’est venu comment ? Tu savais dès le début que ça allait être une trilogie ou ça s’est décidé plus tard ?

Le karité c’est un arbre qui pousse dans le village de mon père donc y’a une forte symbolique autour qui a beaucoup de sens pour moi.

Le fruit de cet arbre est utilisé notamment pour faire du beurre de karité c’est un produit assez multifonctions qui peut-être utilisé dans la cuisine et pour les soins du corps.

Au départ je partais sur un volume, mais en voyant les retours je me suis dis que j’allais partir sur une trilogie pour offrir une grosse carte de visite et montrer mon évolution et ma polyvalence sur différents types de production.

Et si tu dois choisir qu’un seul son de la trilogie, tu choisis.. ? 

L’intro de KARIT3 « Nunshakur ». Chaque ligne c’est une bastos je suis trop fier de l’avoir écrit !

Tu lâches pas mal de réf à des personnages de manga et on sait que ton nom est tiré de Naruto, mais du coup tu en lis/regarde toujours ? C’est quoi ton top 3 de coeur ?

Ouais comme beaucoup de personnes de ma génération l’univers des mangas m’a matrixé. Dès la primaire je suis tombé dedans avec les trois géants DBZ – One Piece – Naruto et après j’ai poussé un peu plus. Actuellement si je devais te faire un top 3, ça serait Ranking Of Kings, GTO et Slam Dunk qui réussissent à combiner humour et leçons de vie sans tomber dans un truc trop bidon et indigeste.

Bojji est un GOAT tout simplement.

On a pu te voir sur scène notamment au Tsuvo Festival ou dernièrement au Karité Show. L’ambiance était lourde, on sent que t’aimes être sur scène et t’apportes une énergie bien à toi. Est-ce que tu as une scène qui t’a particulièrement marqué ?

Ouais franchement la scène c’est ce qui me procure le plus de plaisir dans ce que je fais. Ressentir l’énergie et l’amour du public et le lui rendre par ta performance c’est l’une des meilleures sensations que j’ai pu vivre jusqu’ici.

J’interagis beaucoup avec le public parce que je vois vraiment ça comme un échange et souvent quand t’es sur des plateaux d’artistes ou scènes ouvertes ça te permet de crever l’abcès et te démarquer par rapport aux autres qui sont dans une approche beaucoup plus centrée sur eux-mêmes.

Dernièrement j’ai fait une block party avec les frères du Tsuvo Studio à Aubervilliers. On était en extérieur, il faisait un peu froid mais les gens se sont déplacés malgré la distance et c’était un truc de fou l’amour que j’ai reçu sur cet événement. Mais en vrai chaque concert je savoure un max, le coin doit être abondamment gâté c’est ma mission.

Quand tu disais que tu étais “un peu DA”, est-ce que c’est strictement musical ou ça touche aussi l’aspect clip/pochettes ? T’as des inspi dans ce milieu ?

Ouais quand je dis un peu D.A je fais le faux modeste en vrai je suis totalement D.A je touche à absolument tous les domaines qui concernent ma musique à l’exception des prods. Surtout ce qui concerne l’image que ce soit les clips ou les covers les idées viennent de moi.

Ma plus grosse source d’inspiration c’est mon compte Tumblr que j’alimente depuis une petite décennie du coup j’ai des centaines d’images et de références sur lesquelles je reviens pour les détourner, réinterpréter, réadapter. Je trouve que c’est le meilleur réseau social du marché parce que si tu digges bien t’as des vraies pépites et t’as pas les storys et les discussions c’est purement de l’image.

D’ailleurs, gros shoot out à mon gars Antoine qui m’accompagne sur tous les visuels et la direction artistique, il est graphiste donc c’est lui qui permet que les idées se concrétisent vraiment.

Gama-Boonta-Karité-Trilogie
La Trilogie “Karité”

Petite question qu’on pose souvent puisqu’on parle aussi de culture jap sur le blog : t’as déjà pu voyager au Japon ? Raconte nous un peu !

Ouais j’ai eu la chance de partir à Tokyo trois semaines !

C’était en 2014 pendant la Coupe du Monde, du coup y’avait une atmosphère assez particulière tu sentais que t’étais pas vraiment dans un pays de foot, mais qui se donnait les moyens pour le devenir avec des installations et offres pour attirer les gens.

Chaque jour on visitait un quartier différent et on a quasiment pu tout faire. C’est de loin le meilleur voyage que j’ai pu faire même si les cris du daron allemand en claquette chaussettes qui logeait dans le même hôtel que nous me hantent toujours.

Sinon, tu écoutes quoi en ce moment ? Une petite reco à nous conseiller ?

En ce moment j’écoute énormément de choses. Je me suis pris le dernier Makala « Chaos Kiss » et le projet « Mauvaise Musique » de H JeuneCrack et Beamer tourne pas mal aussi.

Sinon en vrac : Rema, Jwles, WurlD, La Fève, So La Lune et très très régulièrement Mick Jenkins c’est vraiment l’artiste qui m’inspire le plus actuellement. Je vous recommande d’ailleurs son album « Pieces of a Man » sorti en 2018, c’est trop !

Pour terminer, la suite ça dit quoi ?

Là y’a quelques collaborations qui vont sortir à droite à gauche avec des clips et tout j’ai été invité par deux trois frérots et c’est toujours un plaisir de les honorer. Le prochain projet est quasi bouclé il sera un peu plus conceptuel que ce que j’ai pu sortir jusqu’à maintenant et devrait arriver en fin d’année ou début d’année prochaine.


On vous invite à suivre Gama Boonta sur son Instagram ou son Twitter pour suivre son actualité et bien évidemment d’aller stream ses sons fort sur ta plateforme préférée et de venir aux différents événements où il performe, le coin est toujours bien gâté.

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