Manast LL’, rappeur et chanteur du collectif La Ligne Bleue Records, vient tout juste de drop son dernier EP intitulé Pass The Torch. On vous parle de ce projet que l’artiste qualifie comme le plus mature et le plus abouti qu’il a pu réaliser et nous proposer jusqu’à présent.


Si vous nous suivez depuis le début ou même depuis un moment, vous devez sans doute être déjà familier avec Manast LL’, car c’est un artiste que l’on apprécie beaucoup dans la team. Et si ce n’est pas encore le cas, ce projet sera l’occasion idéale pour le découvrir.

Tout commence en novembre 2018, lorsque Manast, AAyhasis et Astronote (Satyvah) décident de se réunir tous les jeudi soir, lorsqu’ils sont libres, afin de donner vie à ce projet. Comme il le dit dans le son Bullshit : « Every thursday we made sure it’ll be a classic/Can’t believe that shit from Orléans ».

Un projet qui lui tient réellement à coeur et l’a marqué, qui l’a fait grandir tant humainement qu’artistiquement.

Tellement marquant dans son ensemble que lorsqu’on lui demande s’il a une anecdote ou un moment particulier à nous raconter, le choix est impossible.

Je peux vous dire qu’au début, quand on a commencé à bosser le projet, bien que je connaisse AAyhasis et Astronote depuis 2012/2013, j’étais intimidé parce que pour moi, ils sont des légendes et je me sentais privilégié de bosser tout un projet avec eux. Mais il fallait aussi que je fasse mes preuves, du coup j’étais pas trop bavard, je fredonnais à voix basse sur les intrus quand ils les faisaient et au fil du temps j’ai pris confiance en moi je suis passé d’une mauvaise période à une meilleure dans ma vie personnelle et on a commencé à vraiment échanger beaucoup sur tout et n’importe quoi, autant de la musique que la vie en générale.

Ce projet l’a aidé à se réconcilier avec la musique, à en “retomber amoureux” comme il nous l’a confié, mais surtout à changer sa perception de celle-ci et de la raison derrière la création musicale, le dilemme cornélien de tout artiste, passion contre argent :

Mon esprit était un peu corrompu depuis quelque temps avec le fait de faire de la musique avec pour unique but de faire de l’argent et ce projet m’a aidé à comprendre une nouvelle fois que je fais de la musique avant tout par passion et que ce qui vient ensuite c’est que des bonus.

Cela lui a permis de se recentrer sur le principal : être heureux dans sa vie professionnelle et que ses proches aillent bien.

Que Dieu me permette de créer comme je le fais, c’est la plus grande des bénédictions.

En ce qui concerne la direction artistique du projet, on peut la séparer en deux : Manast, AAyha et Astro pour la partie musicale d’un coté et Hector de la Vallée pour le visuel de l’autre, qui était indispensable afin d’illustrer un “classique underground”.

Pass the Torch est une référence à The Marathon Continues, la sixième mixtape Nipsey, que les 3 collaborateurs respectent énormément, autant artistiquement qu’humainement, notamment pour tout ce qu’il a fait pour aider sa communauté, et c’est leur manière de lui rendre hommage, d’à leur tour exprimer leur envie d’avancer et de ne rien lâcher.

Derrière ça, Pass The Torch symbolise également le partage et la transmission de connaissances entre les différentes générations, des anciens aux jeunes et inversement, le partage est universel, tout le monde apprend de tout le monde.

C’est une immersion dans notre univers, y a plusieurs états d’esprits, plusieurs sonorités, tout s’est fait organiquement en fonction de ce qu’on avait en tête.

Lorsqu’on lui demande son titre préféré du projet, la réponse n’est pas simple. “Ils sont tous mes favoris honnêtement”. Mais si le choix devait être fait, il choisirait l’outro Pass The Torch pour sa dimension plus contemplative et “sage”.

Il évoque entre autres la phrase “Get high with me” qui n’est pas forcément une référence à la drogue, mais plus à une élévation spirituelle, d’avoir un autre point de vue sur les choses, de sortir du moule.

Je fais une critique de l’industrie qui conditionne les artistes à vendre des personnages qu’ils ne sont pas.

Il y évoque le rapport des êtres humains avec la mort, le fait qu’on apprécie les choses seulement une fois qu’on les a perdues. L’intro du projet est une invitation de Manast aux auditeurs à laisser couler, se laisser emporter et accepter la vie telle qu’elle est, à faire un travail sur soi-même et à être patient pour atteindre cet objectif qui peut être difficile à atteindre.

Patience qu’il admet ne pas avoir lui même à la fin de l’intro.

Ce projet est pour Manast son projet “le plus mature et le plus abouti”. Des morceaux intemporels, “la meilleure musique que j’ai faite” nous a-t-il dit (et on ne peut qu’acquiescer). Il tient à remercier les nombreuses personnes qui l’ont accompagné sur ce projet :

Je remercie infiniment Satyvah de m’avoir permis de mettre ça au point, de m’avoir fait confiance et de m’avoir accompagné sur tout ce projet. Un grand merci à mon ingé et aussi mon frère d’une autre mère Joss, il m’accompagne sur tous mes projets depuis un moment et le travail qu’il fournit est inestimable. 

Manast est un artiste très polyvalent, et quand on lui demande ce qu’il a essayé d’apporter de plus ou de différent sur ce projet, il nous répond simplement :

Je suis juste resté moi même et j’ai fait ce que j’avais envie de faire.

Real G.


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